Alain Wernimont    

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5) Le second pont.

 

 

 
 


Le second pont est pratiquement équipé comme un vaisseau de guerre, à quelques détails près. En commençant par l’avant, on peut voir les grandes bittes se trouvant sur ce pont, ceci nécessite de faire plonger le pont pour que les câbles puissent rejoindre les écubiers. En temps de paix, la dotation en artillerie est de 20 canons de 8 £ disposés en partie centrale sur ce pont. Sur les 13 sabords ouverts dans la muraille de ce pont, les deux premiers sabords avant, ainsi que le dernier sabord arrière, ne sont pas armés, pour les condamnés on les a munis de mantelets. Le choix de ne pas armer les deux premiers sabords avant est des plus logiques, la partie avant étant déjà très chargé par le poids du contenu de la cale à eau, les provisions des deux cambuses, de la cuisine et du four sans oublier les ancres à poste sur les porte-haubans de misaine. A cela on peut ajouter qu’en partie avant l’utilisation de l’artillerie est moins aisée à cause du rétrécissement des formes en cet endroit. Pour terminer, le grand cabestan ne comporte qu’une seule cloche percée de deux rangs de mortaises.

 

Partie avant du second pont

 

 

 


Vue partielle du plan montrant la partie avant du second pont. On aperçoit clairement le livet du pont représenté en pointillé. Le bordage plonge pour pouvoir percer les écubiers, ceux-ci doivent aboutir extérieurement au dessus des jottereaux supérieurs. Pour y parvenir on a du adapter la bauquière, la guirlande de ce pont et les deux premiers baux.

 L’avant du second pont dans son ensemble, bien visible le cheminement du câble d’ancre sortant de l’écoutille et allant vers l’avant. A partir du four on observe le pont qui plonge vers les écubiers.
 

 
 


 

 

 

Les deux photos suivantes montrent la cuisine, côté tribord celle de l’équipage reconnaissable à la marmite destiné a la préparation du repas de l’équipage. L’état-major voit ses repas préparés avec infiniment plus de finesse côté bâbord. On comprend bien que le câble passant devant la cuisine doit être protégé contre le danger d’incendie.

 

 

 

 
 


Vue prise du côté tribord, montrant la mise en place du petit cabestan, vu la disposition de la mèche du cabestan une échancrure sur le coussin du traversin des bittes a été pratiquée. Autre détail, l’accastillage des bittes, le traversin est maintenu par deux crochets dans ses entailles, le haut des bittes est percé d’un trou pour recevoir la paille servant à maintenir le tour de bittes.

 

 

 

Vue sur le four à pain situé en avant du montant du bitton de petit hunier.
Dans la logique des choses, l’ouverture se situe côte cuisine de l’état-major qui l’utilise également comme four à pâtisserie.
En arrière plan on peut observer la vaigre bretonne qui va en s’élargissant pour remplir l’espace entre le niveau des seuillets et la gouttière du pont.

 

 

 

 


la cuisine, côté tribord celle de l’équipage, reconnaissable à la marmite destiné a la préparation de leur repas. L’état-major voit ses repas préparés avec infiniment plus de finesse côté bâbord.
A l'avant de la cuisine une feuille de fer blanc protège le pont, on comprend bien que le câble passant devant la cuisine doit également être protégé contre le danger d’incendie. Vue sur le panneau des câbles situé en arrière des cuisines est muni d’échancrures pour le passage de ceux-ci. A droite le premier sabord armé d’une pièce de 8 £

 

 

 

Le second pont en partie centrale

 

 

 

 

 
 


En partie centrale, la chaloupe flanquée de la mâture de rechange occupe l’espace principal. Pour équilibrer la charge, on place d’un côté, le grand mât de hune avec la vergue du petit hunier et de l’autre côté le petit hunier avec la vergue du grand hunier. Quatre échelles permettent le passage du second pont aux gaillards via les passe-avants. Ceux-ci sont rabaissés d’une hauteur de barrot et restent relativement étroits pour diminuer la bricole. Sur la lisse  de plat-bord,  à hauteur les passavants, des chandeliers en fer qui reçoivent en partie haute la lisse d’appui.
 

 
 

 

 

 

 

 

Le second pont, vue sur la batterie

 

 
 

 


La batterie côté tribord, la première prise au niveau du grand mât. Dans l’axe longitudinal du vaisseau, on voit le passage de l’échelle de l’équipage, l’écoutille arrière muni de son panneau, suivi du grand cabestan. On peut apercevoir en avant de la cloison de la grande chambre l’échelle d’état-major.

 

 

 

 

En arrière du grand mât, le sep de drisse. La partie haute est entaillée sur le bau arrière du passage de l’échelle de l’équipage. On peut voir les quatre rouets en bronze placés dans leurs clans, la partie haute est travaillée en tête de maure. Cet appareil sert à la manœuvre de la grande vergue.

 

 

 

Gros plan sur le grand cabestan, à l’avant plan ses linguets et leur traversin. Il est constitué d’une seule cloche muni d’une double rangée de mortaise, cette configuration permet l’utilisation de 12 barres pour la manœuvre du cabestan sur un seul pont. Sa forme générale est identique à celle de la frégate de 12 La Belle Poule, sa circonférence et la section des différentes pièces le constituant sont proportionnées au maître-bau du Duc de Duras.

 

 

 

     
 


Gros plan sur le dernier canon arrière de 8 livres. On le voit amarré à garant simple. Pour cet amarrage on utilise les deux palans de côté, composé chacun d’une poulie simple et une double. La courbe des barrots descend au niveau de la vaigre bretonne qui suit la ligne des seuillets. Le tube est du modèle de 1758. Son affût est du modèle 1763, il se caractérise par une sole allégée et est surtout reconnaissable par les roues avant et arrière de même diamètre.
 

 
 

 

 

 

 

 

 


Vue d’ensemble du second pont
prise au niveau du mât d’artimon montrant les dix canons de 8 £ de la batterie.  

 

 

 

La Grande chambre

 

 

 


Mise en place de la grande échelle, en arrière plan, la cloison de la grande chambre composée d’une suite de panneaux facilement démontables. La porte se trouve du côté bâbord, de ce fait l’accès du ou vers le gaillard peut s’effectuer en ligne directe pour leurs usagers.

 

 

 

 

Une vue prise de l’intérieur de la grande chambre montre l’autre face de cette cloison, les montants sont décorés en forme de pilastres.
Le buffet, la table et les bancs font partie de la dotation réglementaire pour cette classe de navire.

 

 

 

 

Pour terminer, une suite de vues de la grande chambre. Les courbes soutenant les barrots du gaillard sont remplacées par une gouttière renversée, l’arrête extérieure est traitée en quart de rond. Les montants de tableau sont recouverts par des planches resciées et ceux-ci sont agrémentées d’un léger décor. En dessous des fenêtres, des caissons formant siège, la face avant de ces caissons est travaillée en forme de S. Au centre un autre caisson coiffe la tête du gouvernail qui arrive jusqu’au dessus du niveau du plancher du second pont. Celui-ci peut être démonté dans le cas de l’utilisation de la barre de gouvernail de secours qui s’emboîte dans la mortaise supérieure de la mèche du gouvernail. L’accès à la bouteille se fait par la porte située entre la courbe de liaison, située en bas et la gouttière renversée en partie haute.

 

 

 

 



Une ouverture dans la  la muraille permet de voir l'ensemble de la grande chambre.

 

 

 

               



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