Alain Wernimont    

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4) L' entrepont
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La partie rouge de l’entrepont du vaisseau de commerce de la Cie. des Indes a pratiquement le même usage que le faux pont du vaisseau de guerre. On y retrouve en partant de l’avant à l’arrière, les cambuses de l’état-major et de l’équipage, à la suite les soutes du maître d’équipage, calfat et charpentier. L’accès au parc à boulet et à l’archipompe se fait par une petite écoutille située en avant du grand mât. Côté tribord et bâbord, en avant et en arrière du grand mât, sont roués les câbles et les grelins. A hauteur de la mèche du grand cabestan, en partie centrale sont disposées 3 soutes aux grains et pour terminer en avant de la cloison de la St-Barbe, côté tribord on retrouve la soute aux voiles. Seul le parc à moutons, l’échelle de l’équipage et l’escalier de l’état-major se retrouvent sur un vaisseau de ligne. La partie arrière du 1er pont abrite la St-Barbe, sa disposition est pratiquement identique à celle des vaisseaux de guerre.

 

 

 

 

 

 

La cambuse

Cette vue aérienne montre les emménagements du premier pont propre aux vaisseaux de commerce.
Pour commencer, à l’avant on voit la cambuse du capitaine accessible par deux portes et qui se termine à hauteur du 2ème bau du 2ème pont.
Le mât de beaupré réduit l’emplacement disponible.
A la suite, la cambuse de l’équipage délimitée par l’avant du panneau de la cale à eau, également accessible par deux portes.
L’acheminement des vivres vers les cuisines respectives se fait soit par le panneau aux câbles, soit en empruntant l’échelle de l’équipage située derrière le grand mât.

 

 

 

 

La cambuse du capitaine située à l’extrémité avant du premier pont, son volume utile est réduite par le passage du mât de beaupré et par la structure du 2ème pont qui plonge pour rejoindre les écubiers.
A hauteur de la cloison de séparation, on aperçoit le tenon du mât de beaupré qui est engagé dans son étambrai, en avant de celui-ci on distingue l’étambrai de misaine.

 

 

 

 

 

Au centre, la cambuse de l’équipage, c’est l’équivalent du plancher du maître valet où s’effectue la distribution journalière de la nourriture avec en plus, l’espace de rangement pour toute la nourriture nécessaire à la campagne, à l’exception des biscuits qui sont entreposés en vrac dans leurs soutes respectives.

 

 

 

 

Le parc à moutons.

Cette prise de vue est située à hauteur du parc à moutons. On voit côté tribord, deux petites soutes destinées au maître calfat et maître charpentier. Côté bâbord, ce même espace est réservé à la soute du maître d’équipage. On retrouve entre le parc à mouton, à l’avant le panneau à eau et en arrière le grand panneau de la cala aux marchandises. Deux meules de câbles d’une longueur de deux fois 120 brasses sont établies de chaque bord.

 

 

 

 

Le panneau de la cale à eau ; côté tribord, les deux soutes du maître calfat
et du charpentier
munies de leurs portes à coulisse. Tout à l’avant les deux portes donnant accès à la cambuse.

 

 

 

Le grand panneau de la cale aux marchandises se trouvant entre l’arrière du parc à mouton et du grand mât. Les câbles d’ancres ont une circonférence allant de 18 pouces pour le plus grand à 16 pouces pour le plus petit.

 

 

 

 

 

 

 

L’emplacement du Grand mât.

Cette troisième vue aérienne est centrée sur l’étambrai du grand mât pourvu d’ouvertures pour le passage des pompes royales. En arrière le grand sep de drisse dont le pied est encastré sur un bau du 1er pont. Vient ensuite une échelle double qui est l’unique passage du 1er au 2ème pont pour l’équipage.
Au total trois meules de câbles et deux meules de grelins sont entreposées sur l’entrepont de part et d’autre du grand mât.

 

 

 

 

 

Les câbles d’ancres.

Ce sont les plus gros câbles du vaisseau, commis en grelin. Nôtre vaisseau dispose de 6 câbles et de 4 grelins entreposés sur l’entrepont en meules de deux encâblures de longueur. Les corderies pouvaient fabriquer des cordages de 120 brasses de longueur, ce qui correspond à une encablure ou à 195 mètres. Pour l’utilisation et l’entreposage à l’intérieur du navire deux encablures étaient réunies par une épissure pour former une meule, ceci est également valable pour les deux meules de grelins. Les proportions du maître câble sont déterminées par la plus grande largeur du vaisseau. Sa circonférence est égala à la 24ème partie du maître bau suivant B. Ollivier ou d’1/2 Po par Pi de largeur du maître bau suivant la méthode de P. Morineau ce qui nous donne le même résultat. Jean Boudriot nous donne 18 Po de circonférence ce qui fait un diamètre de 155 mm, réduit à l’échelle du modèle, cela donne un diamètre de 4,3 mm.
Les grelins auront de circonférence la moitié de ceux des câbles.
 

   

L’exemple présent est basé sur le câble servant à l’ancre d’affourche, son diamètre est moindre d’1 Po par rapport au maître câble.

 Adapté à notre modèle, deux encablures représentent une longueur de 10,8 mètres de câble à réaliser.

 La réalisation s’est effectuée en plusieurs étapes.

 Pour la fabrication d’un toron, on doit déployer 19 fils sur une longueur de 14 mètres.

 Pour réaliser notre toron, on tourne ce faisceau de fil dans le sens des aiguilles d’une montre jusqu’au moment que la torsion aura ramenée cette longueur à nos 10,8 mètres, ce qui correspond a une diminution d’environ 30 %

 Sur ce principe seront réalisés séparément les 9 torons.

 Trois torons formeront une aussière, commis dans le sens inverse des torons.

 Après avoir répété cette opération 3 fois, il ne reste plus qu’à commettre les 3 aussières en grelin en changeant a nouveau de sens de rotation.

 
 
Voici donc une vue éclatée d’un câble commis en grelin montrant ces différents éléments. En partant du haut on voit le fil de base réunis en torons, les trois torons réunis ensemble donneront une aussière, idem les trois aussières donneront un grelin.
 

 

 

Bien visible l’étambrais du grand mât avec les ouvertures pour le passage des pompes.
Plus en arrière le sep de grande drisse encastré sur les baux du 1er et second pont en arrière du passage du grand mât.
Vient ensuite l’échelle de l’équipage et les soutes aux graines pour les volailles.
Roués de chaque bord contre la muraille, côté tribord le câble pour l’ancre d’affourche et au bord opposé les deux meules de grelins pour les ancres à jet.

 

 

 

 

 

En partie centrale, le grand mât flanqué de ses quatre pompes. En arrière du grand panneau, on voit l’écoutille donnant accès au parc à boulet et à l’archipompe, elle est située entre les deux montants du bitton du grand hunier qui n’est a ce stade pas encore en place et dont on voit sur cette photo que les deux ouvertures pratiquées dans le bordage.

 

 

 

 
 

Vu à travers l'embrasure d' un sabord à hauteur du grand mât, l'échelle de l'équipage donnant sur le second pont.

 

 

 

 

La soute aux grains.

Situées en partie centrale, les trois soutes aux grains nécessaires aux nombreuses volailles embarquées à bord. De part et d’autre de ces soutes rouées contre la muraille une meule de câble côté tribord et deux de grelins au bord opposé. Plus en arrière, l’escalier de l’état-major aboutissant sur le premier pont. Une dernière soute se trouve encore côté tribord en arrière de la dernière meule de câble, réservé aux voiles de rechange.

 

 

 

 

 

Vue à travers un sabord côté bâbord, une des deux meules de grelin pour le service des ancres de jet, est rangée le long du bord. Au centre, trois soutes aux grains réalisées à claire-voie.

 

 

 

 

Autre vue à travers un sabord de 12, on peut voir le coin de la dernière soute aux grains. En arrière côté tribord, la porte à coulisse donnant accès à la soute aux voiles. A droite de l'épontille, l'escalier de l'Etat-major donnant sur la Sainte-Barbe.

 

 

 

 

 

 

 

 

La Sainte-barbe

Pour terminer, une vue aérienne montrant la partie arrière de l’entrepont. On voit l’échelle d’état-major et en arrière, la St Barbe délimitée par une cloison passant sur l’arrière de la carlingue du mât d’artimon, l’accès se fait du côté bâbord. Bien visible, la barre du gouvernail soutenue par la tamisaille. On peut facilement suivre la drosse du gouvernail passant dans le pouliot central pour ensuite passer bâbord et tribord dans deux autres pouliots qui les renvoient vers le timon ou les deux bouts de cordages sont fixés de chaque côté par un petit palan.

 

 

 

 

 

 

La grande échelle débouchant au niveau de la cloison de la St-Barbe.
Côté tribord la porte à coulisse de la soute aux voiles
L’espace entre la porte et la muraille est occupé par un coffre d’arme.

 

 

 

 


Les deux vues suivantes montrent la chambre du maître canonnier installé côté tribord. On retrouve la même chambre destinée à l’écrivain côté bâbord.

 

 

L’écoutille aux poudres se situant en arrière de la carlingue du mât d’artimon est également le seul accès pour se rendre aux cinq soutes aux biscuits situées un niveau plus bas sur le plancher du même nom.
Au centre de cette pièce, une table et quatre bancs pour le repas des officiers mariniers.
Au fond bâbord et tribord, les deux chambres pour l’écrivain et le maître canonnier.
La carlingue du mât d’artimon est réalisée dans un billot de bois renforcé latéralement par deux bandes de fer forgé. A l’intérieur de la mortaise est percé un trou pour l’évacuation éventuelle d’eau pouvant s’infiltrer le long de ce mât, il aboutit extérieurement au centre en dessous de ce renfort.

 

 

 

 
 

Sur la muraille côté tribord, on peut apercevoir le sabord prévu pour du 12 £, celui-ci est condamné par le bordage extérieur. Bien visible l’oreille avant du seuillet servant à le fixer sur la membrure.
L’absence d’artillerie dans la St Barbe permet l’installation plus aisée des chambres en toile le long du bord. La barre du gouvernail soutenue par le crapaud à la tamisaille.
Le cordage de la roue du gouvernail aboutit des deux côtés sur la barre du même non et est raidi par un petit palan.

 

 

               



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