Alain Wernimont    

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3) La cale
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Vue d’ensemble de la coque coté bâbord, montrant la charpente apparente.   Au niveau des œuvres vives, une série de douze ouvertures basées sur la distribution des couples de levée permettent d'entrevoir l'intérieur de la cale du vaisseau de commerce de la Cie des Indes.
 

 

 
 


 Cet espace est divisée en trois parties, séparée par la grande cloison de l’avant et de la double cloison arrière. En partant de l’avant on peut voir la cale à eau. La partie centrale, la cale aux marchandises, elle sera occupée par la cargaison sans oublier le lest marchand. Son accès se fait par deux panneaux situés un en avant et le deuxième en arrière du grand mât. Autour du grand mât, l’archipompe protège les pompes et permet leur visite par le maître calfat, dans le prolongement en avant, le puits aux boulets qui ne comporte dans notre cas que des boulets de 8 livres. A la suite de la grande cloison arrière on retrouvera les soutes aux biscuits composées de cinq soutes indépendantes, et en dessous de ce plancher, les soutes aux poudres, dimensionnées selon les besoin spécifiques des vaisseau au commerce. Pour terminer tout à l’arrière la soute du maître canonnier.

 

 

 

 

La cale à eau

 

 
 


La cale à eau des vaisseaux au commerce, se situe toujours à l’avant, endroit peu propice pour la marchandise à cause de ses formes pincées et de l’humidité de cet endroit.

 

 

 

 

     
 


L’encombrement est encore réduit par l’emplacement de la carlingue du mât de misaine et des guirlandes de cale qui doivent liaisonner efficacement la charpente de la proue. Le volume de la cale à eau d’un vaisseau de la Cie des Indes est dimensionné de telle sorte que l’on puisse embarquer des provisions pour 4 ½ mois. Dans notre cas, 70 tx, sont embarqués en barriques de 4, 3 2 et barriques de 1, et cela pour profiter au maximum de l’espace restreint de l’avant. L’arrimage des futailles d’eau est représenté ici sur trois plans, les pailles d’arrimage soutiennent les futailles. Le renfoncement dans la grande cloison de l’avant, correspond au tambour de la cale à eau et est situé à l’aplomb de l’écoutille du même nom. Une hiloire renversée soutient les baux du 1er pont, située entre l’arrière de l’étambrais du mât de misaine et l’avant du panneau à eau, on peut apercevoir l’épontille à bras qui la soutient
 

 
 

 

   

 

 

La cale aux marchandises

 

 
 


La partie centrale de la cale est réservée à la cargaison, vaste espace situé entre la grande cloison de l’avant et la double cloison de l’arrière, appelée grande cale aux marchandises. Antoine Groignard donne comme port net en marchandise 610 tx. 

 

 

 

 

 

Deux écoutilles de part et d’autre de l’archipompe permettent d’y accéder, en avant, la grande écoutille et l’écoutille de l’arrière.

La cargaison n’étant pas embarquée, on peut voir en détail la charpente intérieure.

On aperçoit bien le vaigrage horizontal, deux vaigres suivies d’une maille servant à l’aération de la charpente.

Une deuxième hiloire renversée est placée entre l’écoutille à eau et la grande écoutille, soutenue par des épontilles simples et à marches près des écoutilles.

 

 

 

 

Cinq porques encombrent également cet espace marchandise, l’aiguillette de cette porque traverse la charpente du 1er pont. Normalement les vaisseaux de commerce ne sont pas pourvus de porques, la Cie des Indes fait exception.

L’épontille à marche en avant du grand panneau sert de soutient à l’ancre de miséricorde, fixée par quelques tours de cordages.

 

 

 

 
 


Au centre de la cale, l’archipompe protège les quatre pompes royales et à l’avant de celle-ci, le parc aux boulets. La dotation en munitions est de 50 coups par canons, ce qui nous donne un poids d’environ 4 tx. pour les boulets ronds. L’accès à l’archipompe se fait par le 1er pont via le parc aux boulets.

 

 

 

Vue sur l’arrière de l’archipompe, les deux épontilles à marches correspondent à l’écoutille arrière.

 

 

 

 

 

Vue par le dessous de la charpente du 1er pont. Les baux du pont, maintenus en place par cinq files d’arc-boutants sur lesquels sont posées les lattes qui vont de bâbord à tribord et qui se terminent en sifflet dans les deux serres gouttières intérieures.

Chaque bau est liaisonné avec la muraille par des courbes de fer dont la branche verticale est forgée pour épouser la forme intérieure de la muraille.

Au centre, dans l’axe longitudinal du vaisseau, on peut voir la 3ème hiloire renversée, l’épontille du centre est placée à la verticale du grand cabestan dont on aperçoit l’étambrai.

 

 

 

 

 

Les soutes aux biscuits & les soutes aux poudres

 

 
 

 

 

 
 


La photo montre la grande cloison de l’arrière qui est à double paroi, elle est remplie d’ordinaire de maçonnerie ou tout simplement de terre, pour faire office de cloison pare feu. Celle-ci s’élève jusqu’au premier pont. Juste en arrière de cette cloison sont arrimés les barils de poudre de 100£. On peut voir la suite de la 3ème hiloire renversée qui se termine en avant de l’écoutille aux poudres, c’est également le seul accès pour se rendre vers les cinq soutes aux biscuits dont on peut voir les portes à coulisses. Ces soutes doivent contenir les biscuits pour une campagne de 18 mois.

 

 

 

La largeur du couroir au niveau des soutes aux biscuits doit permettre le passage des barriques de poudre. Tout en arrière de la cale, la cloison délimitant la petite soute du maître canonnier

 

 

 

 

 

L’accès aux soutes à biscuits est facilité par deux échelons  mis en place en dessous des portes à coulisse.

Entre les deux échelles se trouve le tambour d’éclairage de la soute aux poudres, dont on aperçoit une des quatre fenêtres. Le fanal est placé provisoirement sur le panneau du tambour.

 

 

 

 

Pour terminer, deux détails. La soute à biscuits arrière court d’un bord à l’autre, en arrière de cette soute, un espace restreint réservé au maître canonnier dont l’accès se fait par l’écoutille du maître canonnier situé tout en arrière sur le 1er pont.

 

 

 

 

 

               



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